Au sujet de Dominique Wiel (suite)
Avril 2005
La publication sur La Cinq d'un reportage "les fantômes d'Outreau" entraîne un supplément d'enquête. Le juge d'instruction d'alors aurait-il omis d'entendre certains témoins, aurait-il été sourd à certaines déclarations des accusés comme des témoins. Instruction uniquement à charge a-t-on dit à l'époque. Antenne 2, puis la 3 donnent l'une après l'autre la parole à l'un ou à l'autre des accusés. Il apparaît à chaque fois plus criant qu'il y a eu erreur judiciaire, que la Myriam a su tromper son monde. Il serait temps que le juge d'instruction et ceux qui l'ont suivi reconnaissent s'être laissé mener par le bout du nez...
Février 2005
Un nouveau procès en cours d'appel est fixé au 10 mai à Paris. Après le verdict rendu en juillet 2004, un comité de soutien des 6 s'est constitué en association, présidée par Mme Roselyne Godart, dite "la boulangère". On trouvera de nombreux renseignements sur http://perso.wanadoo.fr/comitedes6
Juillet 2004
Le tribunal de Saint-Omer innocente sept accusés et condamne 6 inculpés. Ceux-ci font appel.
14 Novembre 2003
Cela fait deux ans, le 14 novembre, que l'abbé Dominique Wiel a été arrêté et incarcéré. Il a été transféré, il y a deux mois, à Longuenesse. On pourra trouver plus de détails sur le site http://perso.wanadoo.fr/wiel
D’un Dominique à l’autre
ou "la justice interrogée par le citoyen"
Dominique
Wiel est incarcéré depuis le 14 novembre 2001 dans ce que les médias
appellent l'affaire d'Outreau. Avec lui, et comme lui une douzaine d'adultes
clament leur innocence. Faut-il donc en appeler au président de la République
pour que soit prise en considération la situation de ces adultes incarcérés
depuis près de deux ans, ainsi que celle des enfants placés en familles
d'accueil.
On
connaît les difficultés que les enfants violentés vont rencontrer pour se
reconstruire. Mais que penser des traces que laisseront dans l’esprit de tous
ces enfants les auditions répétées auxquelles ils ont été soumis ?
Quant aux adultes qui depuis le début clament leur innocence, atteints avec
leurs familles dans leur honneur et leur santé physique et morale, ruinés matériellement,
ils ont payé avant d’être jugés un prix que personne ne pourra jamais leur
rembourser.
Le frère de Dominique Wiel écrit:
Dimanche 18 Mai aux informations de 20h sur la Une, Dominique BAUDIS ancien maire de Toulouse et président du CSA est reçu à sa demande, par le présentateur du journal. Il apprend à des millions de téléspectateurs médusés que son nom est cité dans une instruction criminelle à propos de « soirées très particulières ». Il dénonce le caractère mensonger de ces accusations et désigne les intérêts de ceux qui en sont les instigateurs. Le lendemain commentant l’événement un journaliste posait très justement la question : « Faut-il pour saisir à la gorge la calomnie, la prendre de vitesse en l’exposant publiquement ? ».
Qu’il me soit permis de poser ici une autre question : Pourquoi Dominique Baudis a-t-il pris la France entière à témoin au lieu de laisser agir la justice ? Sans le connaître personnellement j’ai de l’estime pour Dominique Baudis. Les accusations qui le touchent me paraissent invraisemblables. Dominique Baudis a connu l’existence de ces accusations par des indiscrétions. Je suppose qu’il a pris conseil auprès de personnes bien informées sur le fonctionnement de la justice. Ces personnes l’ont probablement mis en garde en lui recommandant d’intervenir publiquement le premier. Pourquoi ? Parce qu’elles connaissent l’incapacité de la justice à traiter valablement les affaires de délits sexuels quand se greffent sur elles de fausses allégations ? Quoi qu’il en soit Dominique Baudis doutait que l’institution puisse le protéger. Il a fait le nécessaire pour se protéger lui-même.
La question du fonctionnement de l’institution judiciaire dans notre pays est ainsi posée. Est-il adapté aux affaires de délit sexuel quand celles-ci se résument à la parole de l’un contre la parole d’un autre ? Si un homme comme Dominique Baudis en doute, nous pouvons tous en douter. On annonce l’installation d’une commission d’éthique près de la chancellerie avec mission de «prévenir les dysfonctionnements » de l’appareil judiciaire. Je souhaite qu’elle puisse traiter des questions de fond comme celles-ci :
Comment instruire les cas de délits sexuels quand l’institution se trouve en présence d’accusations qu’aucune preuve matérielle ne vient confirmer ?
Comment agir dans ce cas alors que la décision d’instruire entraîne une garde à vue débouchant presque toujours sur une mise en examen et une détention, avec les conséquences que l’on sait sur les personnes ?
Comment lutter contre l’habitude prise de mener les instructions « à charge », ce qui conduit à retarder d’autant la recherche de la vérité lorsque les accusations sont mensongères.
Je connais un autre Dominique. Il est prêtre ouvrier. Il a choisi de vivre dans un quartier populaire : « La tour du renard » à Outreau. Un quartier qui s’est dégradé humainement ces dernières années. Ses voisins, un couple de malades alcooliques qu’il avait aidé, ont été arrêtés à la suite des dénonciations de leurs propres enfants : abus sexuels, viols sur mineurs de 15 ans. Au bout de plusieurs mois ils accusent des personnes de leur entourage d’avoir participé à des séances de viols collectifs. Parmi elles, le prêtre ouvrier, qui depuis clame son innocence.
Trop tard, hélas ! Il ignorait ce que Dominique Baudis a connu à temps. Il n’a pas été victime d’un complot, mais d’une réalité beaucoup plus banale : la propension d’une mère de famille malheureuse, à la mythomanie, alliée à une certaine fragilité. Un terrain favorable pour que les interrogatoires de la police et du magistrat instructeur, l’amènent à croire qu’en accusant d’autres personnes elle bénéficierait d’une réduction de peine.
D’un Dominique à l’autre les allégations mensongères n’ont pas la même origine. L’incapacité de l’institution judiciaire à en protéger les victimes, par contre, est identique. J’espère que Dominique Baudis obtiendra justice. J’espère la même justice pour l’autre Dominique. Mais aujourd’hui celui-ci en est à son 19éme mois d’internement. Quartier d’isolement à Fleury-Mérogis. Deux grèves de la faim, l’une de 43 jours, l’autre de 32 jours. Il a 66 ans. Ses frères et sœurs, sa famille, ses amis se demandent en quel état il sortira de cette épreuve.
Le premier Dominique est président
du CSA, ancien maire de Toulouse.
Le deuxième est prêtre ouvrier. Il
s’appelle Dominique Wiel. Je suis son frère.
Michel Wiel 30
Mai 2003
Le trois juin 2003, Dominique Wiel était une nouvelle présenté auprès du Juge en cours d'appel de Douai. Quelques membres de l'association de soutien on pu assister à l'audience. Ce que j'ai retenu de leur témoignage part, c'est un certain malaise devant le fonctionnement de la justice. Sans doute ne sommes-nous pas habitués aux dédales et aux arcanes de la profession. Les débats entre avocat général, juge et avocat de la défense pour définir ce dont est accusé le présumé innocent ne font qu'aggraver le doute sur la véracité des faits reprochés et la manière dont ils ont pu (ou non) être traités en tooute sérénité.
RUMEUR
Avril 2003, un ami de Dominique Wiel écrit ce poème:
Elles m'ont mis en prison,
les rumeurs dansantes de maison en maison.
Je ne lès ai pas vues arriver
Sur les routes de bonnes intentions pavées.
Je ne sais par quel vent
leur naissance issue du néant
A répandu une semence mortelle
Destructrice de corps et de cervelles.
Je suis nu entre quatre murs
Enfermé dans la carapace dure
De quelques paroles lancées
Porteuses d'une violence insensée
Dans cette maison du pire
le mot 'innocent' ne veut rien dire
Tu es là à cause d'une fable
Qui serine: tu es coupable"
Les murs de cet asile
Faits de mensonges habiles,
Je les cogne comme un fou
Pour gueuler la vérité tabou
Ils m'ont pris dans leurs filets
Moi qui seulement voulais
Vivre avec ces pauvres bougres destitués,
Secouer avec eux la misère instituée
Être des leurs était mon seul vœu
Je suis servi! On m'a mis plus bas qu'eux
Je suis au ban de cette société
Peureuse d'une liberté émiettée
Lorsqu'enfin nous rassemblera
cette liberté
Les murs s'écrouleront sous un soleil d'été,
fleuriront nos chansons, éclateront nos rires,
Deviendronr muets les tristes sires.
Vérité ne pourra plus se taire
Justice germera de la terre
Paix montrera le chemin
Folie n'aura plus de lendemain.