VIGNE

Dès les premiers chapitres de la Bible, la vigne est présente avec l’histoire de Noé, 
lequel semble avoir trop bien fêté la fin des inondations : 

Texte

« Noé fut le 1er agriculteur. Il planta une vigne et il en but le vin, s'enivra et se trouva nu à l'intérieur de sa tente... »      

Genèse, 9,20

Pour obtenir la portion de vigne que possédait Nabot, simple sujet du royaume de Samarie, la reine Jézabel n’hésite pas à le faire supprimer et ainsi, faire savoir qui a le pouvoir dans le pays. (Premier livre des Rois, chapitre 21)

La vigne fait partie du paysage de la Palestine. Elle y pousse naturellement, mais demande beaucoup de soin si l’on veut un résultat en qualité et quantité. A l’état de la vigne, on reconnaît l’état du propriétaire : vigne plantureuse, vigneron prospère, vigne dévastée, propriétaire ruiné.

La vigne deviendra artifice littéraire, élément de comparaison pour évoquer Israël et en particulier ses rapports Dieu : 

Texte:
« Israël, vigne florissante, produisait du fruit à l'avenant. Plus ses fruits se multipliaient, plus il multipliait les temples païens, plus sa terre était belle, plus ils embellissaient les statues. Leur cœur est devenu faux »

Osée 10.2   

Allégorie de la Vigne

L’allégorie de la vigne, au chapitre 12 de l’évangile de Marc est une manière imagée de se représenter le destin de Jésus et des rapports du peuple d’Israël avec son, Dieu. L’évangéliste Marc utilise l'allégorie (comparaison en forme de devinette) pour expliquer à ses lecteurs le destin de Jésus. Dieu, le peuple d’Israël Jésus, sont respectivement signifiés par le maître de la vigne, les vignerons, le fils du maître.

Texte

« Un homme a planté une vigne, l'a entourée d'une clôture, il a creusé une cuve et bâti un pressoir; puis il a donné cette vigne  en fermage à des vignerons et il est parti.

Le moment venu, il a envoyé un serviteur aux vignerons pour recevoir d'eux sa part des fruits de la vigne. Les vignerons l'ont saisi, roué de coups et renvoyé les mains vides. Il leur a envoyé encore un autre serviteur; celui-là aussi, ils l'ont frappé à la tête et insulté. Il en a envoyé un autre ; celui-là ils l'ont tué ; puis beaucoup d'autres: ils ont roué de coups les uns et tué les autres.

Il ne lui restait plus que son fils bien-aimé. Il l'a envoyé en dernier vers eux en disant: «Ils respecteront mon fils». Mais ces vignerons se sont dit entre eux: «C'est l'héritier. Venez! Tuons-le et nous aurons l'héritage». Ils l'ont saisi, tué et jeté hors de la vigne.

Que fera le maître de la vigne? Il viendra, il fera périr les vignerons et confiera la vigne à d'autres. N'avez-vous pas lu ce passage de l'Écriture:La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs, c'est elle qui est devenue la pierre angulaire ».

 Marc, chapitre 12

Autres textes.

    La parabole des "ouvriers de la dernière heure". Cette parabole est bien connue, car elle choque aujourd'hui encore par sa finale où tous reçoivent le même salaire. Ceux qui ont travaillé toute la journée crient à l'injustice: "les derniers arrivés,  ils n'ont travaillé qu'une heure, et tu les traites comme nous, qui avons supporté le poids du jour et la grosse chaleur". N'est-ce pas une invitation à un autre regard sur chaque homme et sur l'activité humaine, une invitation à avoir sur l'homme le regard de notre Dieu, invitation à ne pas mesurer l'homme à la seule mesure que nous connaissions, celle de la rentabilité ?  

Prière au bas de l'échelle (sociale)

Seigneur,
À tes yeux, chaque être humain a une valeur. 
Pour le travail de ta vigne, tu as besoin de tous les hommes. 
Ton oeuvre d'amour et de justice concerne chacun, quelle que soit sa situation sociale. Chômeur, salarié, retraité sont conviés. 
La vigne n'attend pas. Tant de périls la menacent! 
Tu verses une rétribution quels que soient les mérites. 
Devenir ouvrier, employé à la vigne suffit. 
Tu sais accueillir et inviter sans sélection préalable.
 Les compétences et les curriculum vitae te sont égal. 
Tu ne supportes aucune exclusion, aucune ségrégation, aucun privilège. 
Aussi, je me réjouis quand des chômeurs 
substituent au désespoir l'appétit de vie,
quand ils acceptent de participer à la vie sociale. 
Je me réjouis quand ils découvrent ou retrouvent le sens 
d'un avenir à écrire, reliés à d'autres. 
Je me réjouis quand les capacités humaines s'accordent, au prix de patients débats, pour concilier l'intérêt des chômeurs et des salariés.
Car travailler à ta vigne, quelle que soit l'heure, quel que soit le talent, revient à prendre part concrètement à la Création. 
Le travail à la vigne, oeuvre de justice et d'amour, 
remet des hommes debout, les réconcilie avec eux-mêmes. 
Donne-nous l'audace de dire comme toi : 
"Allez donc vous aussi à la vigne."

Texte de la parabole:

        Le Royaume des cieux est comparable, en effet, au maître d'un domaine qui sortit de grand matin, afin d'embaucher des ouvriers pour sa vigne. Il convint avec les ouvriers d'une pièce d'argent pour la journée et les envoya à sa vigne. Sorti vers 9h, il en vit d'autres qui se tenaient sur la place, sans travail, et il leur dit: "Allez, vous aussi, à ma vigne, et je vous donnerai ce qui est juste".  Ils y allèrent. Sorti de nouveau vers midi, puis vers 15h, il fit de même. Sur le coup de cinq heure du soir, il sortit encore, en trouva d'autres qui se tenaient là et leur dit: "Pourquoi êtes-vous restés là tout le jour, sans travail"? "C'est que, lui disent-ils, personne ne nous a embauchés". Il leur dit: "Allez, vous aussi, à ma vigne". 

        Le soir venu, le maître de la vigne dit à son comptable: "Appelle les ouvriers, et remets à chacun son salaire, en commençant par les derniers pour finir par les premiers". Ceux de cinq heure du soir vinrent donc et reçurent chacun une pièce d'argent. Les premiers, venant à leur tour, pensèrent qu'ils allaient recevoir davantage; mais ils reçurent, eux aussi, chacun une pièce d'argent.  En la recevant, ils murmuraient contre le maître de maison: "Ces derniers venus, disaient-ils, n'ont travaillé qu'une heure, et tu les traites comme nous, qui avons supporté le poids du jour et la grosse chaleur". Mais, il répliqua à l'un d'eux: "Mon ami, je ne te fais pas de tort; n'es-tu pas convenu avec moi d'une pièce d'argent? Emporte ce qui est à toi et va-t-en. Je veux donner à ce dernier autant qu'à toi. Ne m'est-il pas permis de faire ce que je veux de mon bien? Ou alors ton oeil est-il mauvais parce que je suis bon"! Ainsi les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers».       

 Matthieu chapitre 20

       En référence à cet évangile, Jean-Paul II, dans sa lettre aux laïcs de l'église catholique écrit: 
"La vigne, c'est le monde entier qui doit être transformé selon le dessein de Dieu en vue de l'avènement définitif du Royaume de Dieu... Examinez donc un peu votre mode de vie, et vérifiez bien si vous êtes des ouvriers du Seigneur. Que chacun juge ce qu'il fait et se rende compte s'il travaille dans la vigne du Seigneur".                                                                      (Les fidèles laïcs du Christ, 1988, introduction.)

 

     L'image de la vigne est utilisée par l'évangéliste Jean pour signifier que nous sommes intimement liés à Christ  Jésus, comme les les branches  (les sarments) ne font qu'un avec le tronc de la vigne: 

Je suis la vraie vigne et mon Père est le vigneron.
Tout sarment qui, en moi, ne porte pas de fruit, il l'enlève, et tout sarment qui porte du fruit, il l'émonde, afin qu'il en porte davantage encore. Déjà vous êtes émondés par la parole que je vous ai dite. Demeurez en moi comme je demeure en vous! De même que le sarment, s'il ne demeure sur la vigne, ne peut de lui-même produire du fruit, ainsi vous non plus si vous ne demeurez en moi .Je suis la vigne, vous êtes les sarments: celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là portera du fruit en abondance car, en dehors de moi vous ne pouvez rien faire. Si quelqu'un ne demeure pas en moi, il est jeté dehors comme le sarment, il se dessèche, puis on les ramasse, on les jette au feu et ils brûlent.

Jean chapitre 14

Autre parabole commune aux trois évangiles synoptiques; elle invite à comprendre combien le Seigneur est impatient de voir les fruits de ce qu'il a semé... mais en même temps, qu'il est capable de patienter encore quelque temps:

Jésus disait cette parabole: «Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint y chercher du fruit et n'en trouva pas. Il dit alors au vigneron: "Voilà 3 ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier et je n'en trouve pas. Coupe-le. Pourquoi faut-il encore qu'il épuise la terre"? Mais le serviteur lui répond: "Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche tout autour et que je mette du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l'avenir. Sinon, tu le couperas"». Luc Chapitre 13.

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