Nielle et Rouille

Nielle et rouille sont des maladies de céréales, provoquées par des champignons. Leur nom français provient de l'aspect que prend la céréale malade, noirâtre pour la nielle et brunâtre pour la rouille. La récolte était dévastée et le peu récolté pouvait contenir un principes toxique, à l'origine de maladies appelées au moyen-âge " feu sacré" ou "mal des Ardents". Nielle et la rouille étaient synonymes de famine prévisible. Ne connaissant pas l'origine de ces maladies, les populations anciennes étaient terrorisées à leur apparition, et ce, jusqu'au début des temps modernes. Ce n'est qu'au 18° siècle que l'on a compris le rôle d'un champignon, à l'origine de ces maladies porte-malheur pour des populations vivant essentiellement de céréales.

 Citations, 

Dans le livre le la Loi, restaurée sous Josias (vers -620), 
le Deutéronome interprète ces maladies comme malédiction du Seigneur contre son peuple.

Le Seigneur te frappera de consomption, de fièvre, d'inflammation, de brûlures, de sécheresse, de rouille et de nielle, qui te poursuivront jusqu'à ce que tu disparaisses. 

Deutéronome 28.22 

La prière d'intercession attribuée à Salomon :

La prière de Salomon lors de l'inauguration du temple témoigne de cette peur ancestrale devant les malheurs,
mais en même temps fait confiance au Seigneur qui accorde le pardon à son peuple. 
Salomon évoque les misères qui pourraient frapper le peuple dont il est le roi  

" Qu'il y ait la famine dans le pays,
qu'il y ait la peste, qu'il y ait la rouille, la nielle, les sauterelles, les criquets,
que l'ennemi assiège les villes du pays,
quel que soit le fléau, quelle que soit la maladie, quel que soit le motif de la prière,
quel que soit le motif de la supplication, qu'elle vienne d'un particulier ou de tout Israël, ton peuple, quand celui-là prendra conscience du fléau qui le touche au cœur
et qu'il étendra les mains vers ta Maison,
toi, Seigneur, écoute depuis le ciel, la demeure où tu habites,
pardonne, agis, et traite-le selon toute sa conduite puisque tu connais son cœur,
toi seul en effet connais le cœur de tous les humains...

1 Rois 8, 37-39

 Amos se plaint, au nom du Seigneur de l'indifférence du Royaume: 

Je vous avais frappés par la rouille et la  nielle, les richesses de vos jardins, de vos vignes, de vos figuiers et de vos oliviers, la chenille les avait dévorées, mais vous n'êtes pas revenus jusqu'à moi, oracle du Seigneur.

Amos 4,9

  De même Aggée: 

Je vous ai frappés dans tout le travail de vos mains par la rouille, la  nielle, la grêle, sans réussir à vous ramener vers moi, oracle du Seigneur. Aggée 2.17  

  Le rédacteur des Chroniques reprend le texte de 1 Rois, 8,37 dans les mêmes termes: 

Quand il y aura la famine dans le pays, qu'il y aura la peste, qu'il y aura la rouille, la  nielle, les sauterelles ou les criquets, que ses ennemis assiégeront les villes de son pays, quel que soit le fléau, quelle que soit la maladie... toi, écoute depuis le ciel, pardonne et traite chacun selon toute sa conduite, puisque tu connais son cœur; toi seul en effet, tu connais le cœur des humains, 2 Chroniques 6.28

La ressemblance de ces citations laisse entendre que les auteurs appartiennent au même réseau de pensée.
On pourra s'interroger sur le langage prophétique (de l'époque du deutéronome) qui interprète les maladies et leurs conséquences de misère comme envoyées par Dieu.
Nos mentalités scientifiques ne peuvent guère s'accorder avec cette manière religieuse d'interpréter des phénomènes purement physiques comme émanant d'une puissance divine.
Nous pouvons cependant comprendre des mentalités pré scientifiques, qui, à partir de ces phénomènes invitent à modifier des comportements humains, trop peu humains, contre lesquels ils s'insurgent.

Olivier

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