Le salarié de Biache-saint-Vaast 

rejoindra-t-il ses ancêtres 

au musée de la préhistoire?

  

Il ne fait plus bon vivre au bord de la Scarpe. 
Les jours sont comptés pour l'avenir de la métallurgie locale.
500 salariés sont concernés, tous habitent la vallée.
Les négociations laisseront croire à un hypothétique sursis...
Mais Usinor a redistribué les cartes depuis plusieurs années. 
La métallurgie s'est récemment restructurée au niveau mondial. 
BMW a préféré s'implanter ailleurs... Alors,  "on ferme ! ! !"
Décembre 2001

Le 5 février, la direction fait savoir aux salariés la décision de fermeture... qui a été prise, en fait,  il y a déjà plusieurs mois. 

< Tête du défilé du 1er mai à Biache

Premier mai 2003

Le point de vue syndical:(janvier 2002)

Les "Ugine, les STA, les Delcroix, les Faurecia, les Brampton, les Aubecq, les SARI, les Alcatel, les Nexans, les tolméga, les Bosal... exigeront des pouvoirs publics qu'il y ait un moratoire sur les licenciements et un contrôle des fonds publics pour l'emploi stable, l'ouverture des bureaux d'embauche, un abaissement de la pyramide des âges,... le remplacement de tout départ par une embauche...

Un emploi supprimé dans une entreprise a des répercussions ailleurs, comme le déclassement des bureaux de poste, la suppression de lignes SNCF, la suppression de lits d'hôpitaux, sur les commerçants locaux, l'amoindrissement des capacités de production d'EDF, sur les sous-traitants, qu'ils soient du bâtiment, ou de PME de maintenance...

Nous ne pouvons nous contenter de négocier un plan social qui accorderait quelques miettes supplémentaires afin de tenir le temps de devenir RM-iste. Nous devons imposer d'autres choix de société. 

ACO et restructurations d'entreprises en Pas-de-Calais.
Archives 2001: Calais et les p'tits LU 
La modernisation sociale amputée par le Conseil Constitutionnel

 Et un de plus !
La Modernisation sociale amputée

Le Conseil Constitutionnel a rejeté, le 12 janvier 2002 l’article 107 du projet de loi de modernisation sociale. Cette décision vient censurer ce qui devait être la  nouvelle définition juridique du licenciement économique 

Le projet de loi de modernisation sociale, présenté au Conseil Constitutionnel par le gouvernement, avait été élaboré suite aux licenciements chez Mark&Spencer, Danone et AOM Air Liberté. Une rude bataille s' était engagée au sein de la majorité plurielle pour parvenir à un accord sur un texte qui devait mettre fin aux licenciements économiques pour raisons boursières.

 Contenter toutes les composantes de cette majorité, pour l' emporter devant le Parlement, semble avoir primé sur une réelle réflexion de fond. Que fallait-il faire passer en priorité, l'entente gouvernementale ou une rédaction solide, qui ne soit pas cassée immédiatement, au risque d'affaiblir ce gouvernement ? Ce texte était-il, malgré le contexte, d'une urgence première ou ne fallait-il pas avant toute chose élargir la concertation pour bien asseoir la nouvelle loi ?

 Les sirènes patronales

 Le projet de loi est passé, mais automatiquement l'opposition, revancharde et mauvaise perdante, avant de se demander si le texte était réellement bon ou pas, a cédé aux sirènes patronales et immédiatement saisi le Conseil Constitutionnel. Ce dernier, composé majoritairement d'anciens dirigeants de l' opposition, a vite trouvé un point faible pour venir suppléer les élus parlementaires qui n'avaient pu influer sur le vote. Ici, nous nous retrouvons dans un conflit des logiques où s' affrontent salariés et employeurs. Ceci est normal. Dans le monde de l'entreprise, nous n'avons pas toujours les mêmes intérêts à défendre, et les mêmes moyens pour y parvenir. Au niveau législatif, en revanche, il aurait été naturel que les politiques se placent au-dessus de ce conflit et agissent en vrais législateurs, et non en protecteurs de leurs intérêts. 

Tout au long de l'élaboration de ce projet, et lors du rejet de l' article 107, les motivations d' une bonne partie des protagonistes (de la majorité ou de l'opposition) semblaient plus électoralistes que poussées par la défense ou l'amélioration du droit. 

Pour les neuf «sages» (pourquoi cette appellation ? La sagesse n'est-elle pas l'œuvre pour le bien de tous ?), les considérations d'intérêt ont prévalu sur les éléments juridiques, et le texte a été «retoqué». Pour donner un peu de poids et étayer l'argumentation, les Droits de l'Homme ont été appelés en renfort. On a mis en avant la "liberté d'entreprendre", mais il aurait fallu dans le même temps ne pas oublier une autre partie de ces Droits qui stipule que "chacun a le droit de travailler et le droit d'obtenir un emploi".

Le but de ce texte était de protéger les salariés. Pour cela, il aurait peut-être fallu demander l'avis des intéressés par l'intermédiaire des organisations syndicales. Elles ont dit leur scepticisme devant ce texte qui ne solutionnerait que peu de choses. Elles ont dit leur souci de voir les les lois en vigueur appliquées et plus contrôlées avant d'en voter de nouvelles. Elles avaient des choses à exprimer, et elles l'ont fait Mais cela ne s'est jamais fait dans le cadre de concertation avec les législateurs car, tout simplement, elles n'ont pas été conviées à débattre de ce sujet les concernant pourtant prioritairement. 

Malgré un gouvernement qui reconnaît la place des syndicats, et un patronat qui crie haut et fort dans ses dernières résolutions qu'il veut des syndicats puissants, nous voyons bien qu' il reste de nombreuses luttes à mener pour ne pas tout laisser entre les mains des seuls technocrates . (Témoignage ACO, février 2002).

 

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