La mort de Léopold  Sédar Senghor (décembre 2001)
est l'occasion de rappeler qu'il fut la conscience de la négritude. 

Léopold Sédar Senghor a apporté son soutien et patronné la réalisation de "la maison de la Négritude et des droits de l'Homme". Cette maison se trouve à Champagney, en Haute Saône. Pour rejoindre le site web cliquer ici.  

4 février 2002: La mairie de Paris débaptise la Rue Richepance, nom d'un officier de Napoléon Bonaparte fort actif  pour appliquer les pratiques esclavagistes en Guadeloupe. L'esclavage avait été aboli le 4 février 1794. Bonaparte l'avait restauré, ainsi que la traite des noirs, le 20 mai 1802. 

Cette rue appelée désormais:"Rue du Chevalier de Saint Georges" (+1809) honore la mémoire d'un compositeur, fils d'esclave noir, qui eut beaucoup à souffrir pour ses idées et ses oeuvres. 

On sera sans doute étonné de voir un petit village loin du port esclavagiste de Nantes inscrire dans son cahier de doléance le texte ci-dessous! Simplement, un enfant du pays, avait rapporté ce qui se passait sur son bateau aux villageois... c'était peu avant 1789... le cahier a été retrouvé en 1971. ce fut l'origine d'une association, et surtout de cette "maison de la négritude" que les amis de l'homme n'hésiteront pas à visiter, la maison se trouve en face de la mairie. Champagney se trouve à une dizaine de kms de Belfort.

Extraits de la première page du site:

La Maison de la Négritude et des Droits de l'Homme, historique :

En 1789, les villages et villes de France eurent à rédiger leurs cahiers de doléances pour la convocation des Etats Généraux. Or, les habitants de CHAMPAGNEY, après leurs revendications et plaintes d'ordre général, incluent dans leur cahier un article étonnant et unique en son genre (l'article 29), un texte révolutionnaire puisqu'il condamne énergiquement la traite des Noirs et réclame fermement son abolition.

Voici le texte de cet article (Document B-4213 aux archives Départementales de la Haute-Saône à Vesoul) :

"Les habitants et communauté de Champagney ne peuvent penser aux maux que souffrent les nègres dans les colonies, sans avoir le cœur pénétré de la plus vive douleur, en se représentant leurs semblables, unis encore à eux par le double lien de la religion, être traités plus durement que ne le sont les bêtes de somme. Ils ne peuvent se persuader qu'on puisse faire usage des productions des dites colonies si l'on faisait réflexion qu'elles ont été arrosées du sang de leurs semblables : ils craignent avec raison que les générations futures, plus éclairées et plus philosophes, n'accusent les français de ce siècle d'avoir été anthropophages, ce qui contraste avec le nom de français et encore plus celui de chrétien. C'est pourquoi, leur religion leur dicte de supplier très humblement Sa Majesté de concerter les moyens pour, faire des sujets utiles au royaume et à la patrie".

Ce texte d'avant garde fut vraisemblablement suggéré par un noble originaire de Champagney, Jacques Antoine PRIQUELER, proche de la "Société des Amis des Noirs" créée à Paris en 1788, mais aussi par l'esprit de fraternité et de respect de la dignité de son prochain, qualités inhérentes à la foi chrétienne animant alors la population pauvre de ce village des Vosges saônoises.

En 1971, un enfant du pays, René SIMONIN, décédé en 1980, esprit éclairé et érudit, tire de l'oubli ce texte, le fait connaître et fonde autour cet article 29 appelé "VOEU DE CHAMPAGNEY" un mémorial, cette maison, célébrant la mémoire des signataires du Voeu, mais entretenant aussi la flamme des Droits de l'Homme par une action de sensibilisation et d'éducation.

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