Premier mai 2005...

La fête du premier mai apparaît pour beaucoup d'abord comme une journée ordinaire dont il faut profiter, surtout si le soleil est revenu. Le contexte économique et social rend la perception de cette fête moins évidente, surtout lorsqu'on est éloigné des soucis et des traditions portés par une grande partie des populations ouvrières. De nombreuses manifestations ont lieu en France et dans le monde. On compte en France 23 millions de salariés, dont 15 millions d'ouvriers et employés. Chaque année, le Mouvement Mondial des Travailleurs Chrétiens  publie une déclaration. Cette année, il est intitulé: " Non à l'exploitation et à la concurrence, oui à la solidarité!"

Aux origines du premier mai.

19ème siècle, aux États-Unis:  Les syndicats avaient décidé une offensive en vue de l'obtention de la journée de huit heures. Des grèves éclatèrent un peu partout, à la date choisie du 1er mai 1886. A Chicago la manifestation dégénérera et il y aura cinq morts.  En France, la IIè Internationale de 1889 décrète le premier mai "journée internationale de revendications". La journée est fêtée pour la première fois en 1890. Le premier mai 1891, à Fourmies,  la troupe tire sur la foule. Bilan: 9 morts (2 garçons de 11 et 13 ans, 4 jeunes filles de 17 à 20 ans). Il y aura 48 blessés. Chaque premier reste journée de manifestation de la solidarité ouvrière et des revendications. La fin du XX° siècle a vu s'éclipser le sens des origines, pour devenir le fête du Muguet. Le premier mai 2004 rappellera le développement de la précarité, de l'augmentation des licenciements, de la difficulté d'existence pour une part importante de la population. Mais il sera aussi la fête de l'espoir. 

L'Église et le premier mai: Saint Joseph

Le nom de saint Joseph n'apparaît dans les calendriers liturgiques qu'au IXè siècle. Le choix de la date de sa fête est dû à une confusion avec le nom de Josippe. C'est au XIVè et XVè siècle que la dévotion à Saint Joseph se développa. En 1955, Pie XII, invente la fête de "Saint Joseph artisan" et fixe sa date au 1er mai. A cette période charnière pour l'Église, bien avant Vatican II, de nombreuses voix s'élevaient dans l'Église pour que soient prises en compte par l'Église les réalités du monde du travail (la théologie du travail avec B.Chenu; la création de l'ACO en 1950; les tensions avec les prêtres ouvriers, et leur interdiction en 1950, etc.); Les rapports de l'Église avec les travailleurs mériteraient d'être mieux étudiés.

Le contexte actuel

Rien de bien réjouissant. Les progrès techniques, le management néolibéral mais aussi les capacités des hommes, à la production comme à la recherche, ont participé à la création de richesses inouïes dans le monde occidental, mais aussi pour l'ensemble de la planète. Mais il apparaît évident que la redistribution de ces richesses répond à des critères plus ou moins nébuleux. Parachutes dorés, doubles salaires qui se chiffrent en centaines de milliers d'euros tandis que d'autres crèvent de faim où se retrouvent sans logis. D'autres sont invités à aller travailler à l'Ile Maurice ou en Roumanie pour trois fois rien (100 à 150euro/Mois). Le système d'exploitation du XIX° siècle a fait place au système d'exclusion du XXI° siècle: le taux de chômage en France s'installe au-dessus de 10%, plus de deux millions... 

L'émergence de la Chine d'une part, la vague du tsunami d'autre part, voici deux réalités qui font venir un peu sur les écrans le sorts de milliards d'êtres humains. Ne parlons pas du Togo, de l'Afrique du Sud, du Soudan. Les choix des Etats et des donneurs d'ordre ira-t-il dans le sens d'une participation de tous aux produits de la croissance?


Message du MMTC pour le 1er mai 2005
Fête des travailleurs et des travailleuses,
avec ou sans emploi

(MMTC: Mouvement mondial des travailleurs chrétiens)

"Non à l'exploitation et à la concurrence, oui à la solidarité!"

Plus d'un milliard d'êtres humains vivent avec moins d'un dollar américain par jour, et 2,7 milliards d'autres personnes luttent pour survivre avec moins de deux dollars par jour. Plus de 880 millions de personnes, parmi lesquelles 300 millions d'enfants, vont chaque jour au lit le ventre creux. Chaque année, plus de six millions d'enfants meurent de maladies curables ou évitables telles que la malaria, la diarrhée ou la pneumonie.

Dans plusieurs régions d'Afrique, d'Asie et d'Amérique latine, la pauvreté et son cortège de carences (manque d'eau potable, déboisement, chômage, manque de services médicaux appropriés...) entraînent de grandes menaces pour la vie.

Les membres du Mouvement Mondial des Travailleurs Chrétiens (MMTC) sont convaincus que c'est la solidarité internationale - et non le libre-échange! - qui pourra aider les pays appauvris à combattre ces fléaux.

Or les grandes puissances économiques essaient d'imposer le libre-échange au reste du monde, parce qu'elles tirent des avantages importants de ce système. Le libre-échange permet aux grandes puissances de conserver une position privilégiée en matière d'économie, de recherche, de commerce et de développement.

Les États industriels du G8 imposent de nombreux obstacles aux pays du Tiers Monde qui voudraient vendre leurs produits sur les marchés intérieurs des pays riches. Mais ces mêmes pays riches utilisent leur influence au sein de la Banque Mondiale, du Fonds Monétaire International et de l'Organisation Mondiale du Commerce pour exiger que les pays appauvris ouvrent leurs frontières aux produits des pays industrialisés.

De plus, le système économique actuel cherche à créer une concurrence entre les travailleurs, en leur imposant des réductions des salaires et des conditions de travail qui se dégradent.

En d'autres termes, les grandes puissances veulent fixer les règles du jeu économique à leur avantage. Et après avoir imposé la libéralisation du commerce des produits, elles s'attaquent maintenant aux finances et aux services, y compris la santé, l'enseignement et l'eau. Il s'agit d'un projet très dangereux, car si ces services vitaux sont privatisés, seuls les personnes qui pourront les payer en bénéficieront. Le MMTC s'oppose à cette perspective, car chaque personne a le droit d'avoir accès à l'eau, à la santé et à l'enseignement. On ne peut pas considérer qu'il s'agit là de simples marchandises!

Nous ne pouvons pas accepter qu'un petit groupe de pays en Europe de l'Ouest, en Amérique du Nord et en Asie de l'Est continuent de prospérer, tandis que le reste du monde s'enfonce toujours plus dans la spirale de la dette et de la misère. Ce n'est pas humain!

Nous voulons réaffirmer que le monde a besoin de générosité et de solidarité. Il est nécessaire d'octroyer de l'aide, mais cela ne suffira pas. Il faut aussi favoriser la justice sociale et la solidarité globale, plutôt que la crainte, la méfiance, l'hostilité, la concurrence, les rivalités et l'exploitation capitaliste.

L'annulation des dettes impayables est essentielle, mais si on ne réforme pas les règles du commerce mondial, de nouvelles dettes viendront très rapidement remplacer les anciennes.

Comme beaucoup d'autres organisations, le MMTC est convaincu qu'un autre monde est possible. Pour poursuivre sa construction, il faut refuser le système qui oppose les travailleurs entre eux. Il faut réduire le pouvoir du capital et encourager la coopération internationale ainsi que le développement de la solidarité à tous les niveaux.

Au moment où, dans le monde entier, les travailleurs et les travailleuses célèbrent la solidarité qui les unit, le MMTC est de tout cœur avec chacun d'eux, indépendamment de leur couleur, de leur race ou de leur religion. Nous partageons l'espoir d'un monde plus juste et, ensemble, nous exigeons un travail décent pour tous. Car c'est une condition incontournable pour l'élimination de la pauvreté et pour que chaque être humain puisse grandir et s'épanouir dans la dignité.

Une société nouvelle est possible. Nous la construirons tous ensemble!

Le Conseil Exécutif du MMTC WBCA - WMCW
Ce message est proposé par l'Action Catholique Ouvrière (ACO). C'est un mouvement de travailleurs affilié au Mouvement Mondial des Travailleurs Chrétiens (MMTC). Cette organisation internationale rassemble plus de cinquante mouvements en Asie, Afrique, Europe. Amérique du Nord et du Sud. Le projet du MMTC est de répondre aux défis de notre temps par l'action des travailleurs, hommes et femmes du monde ouvrier et populaire et d'agir avec d'autres quelles que soient leur culture. leur religion, en vue d'une société sans exclus.

Lire : "Repères dans une économie mondialisée" commission sociale de évêques de France
Rejoindre l'agenda social, collection de textes du magistère


Repères dans une économie mondialisée

La commission sociale des évêques de France publie un document où elle présente quelques éléments de réflexion sur la situation sociale économique et financière dans le contexte d'une économie de marché mondialisée

Le document se présente comme une invitation au débat et non la parole définitive sur ce qu'il faut penser. Elle rappelle la manière dont l'Église a abordé au cours des siècles les rapports de la foi chrétienne et de l'économie.

"Repères dans une économie mondialisée" est écrit à un moment de l'histoire où le marxisme ne constitue plus ni une alternative, ni un pôle de résistance face à la pratique de l'économie de marché. Celle-ci s'est déployée et imposée de manière quasi exclusive. Son bilan n'est pas pour autant satisfaisant... 
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