HEUREUX LES ARTISANS DE PAIX   

Parole du Secrétariat national de la Mission ouvrière. Plutôt qu'une déclaration de plus, 
ce texte est à recevoir comme une invitation à la réflexion en équipes.

 Non à la guerre

Face aux menaces qui pèsent sur l’Irak, les opinions publiques, dans leurs grandes diversités, se mobilisent à travers le monde y compris aux USA. Des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour dire non à la guerre. Cette mobilisation pèse sur les politiques. Par sa participation aux initiatives proposées, chacun apporte sa pierre à la construction de la paix.  

« La guerre n’est jamais une fatalité. Elle est toujours une défaite de l’humanité. Elle n’est jamais un moyen comme un autre que l’on peut choisir d’utiliser pour régler des différents entre nations ». (1)  

Nous pensons d’abord au peuple Irakien. Lui qui a tant souffert des conséquences de l’embargo imposé à son pays, serait la première victime de la guerre. Oui, Saddam Hussein est un dictateur sanguinaire. Oui, il est dangereux mais d’abord pour son propre peuple. Rappelons-nous, pendant longtemps il aura été l’allié des puissances occidentales, dont la France, qui lui fourniront armes et matériels de guerre. 

Une guerre, à forte odeur de pétrole, ne ferait que déstabiliser davantage la région. Outre les milliers de morts qu’elle provoquerait dans la population civile, elle renforcerait le sentiment d’humiliation dans les populations arabes et rejetterait dans les bras du terrorisme toute une génération de jeunes sans espoir et sans avenir.  

Bâtir la paix  

Chaque être humain aspire, au plus profond de lui-même, à la paix. Une paix qui permette de vivre dignement, de nourrir sa famille, de donner une éducation à ses enfants. Écoutons cette femme africaine déclarer, au milieu des cris de haine des manifestants (hommes) en Côte d’Ivoire : « nous devons continuer à accueillir l’étranger comme nous l’avons toujours fait. Nous voulons vivre ensemble, sans armes et sans violences ». 

Comment travailler à l’établissement d’une paix durable ?  

Établir des relations plus justes entre pays riches et pays pauvres  

La paix ne peut se bâtir que sur la justice, la démocratie et la dignité. Il nous faut pour cela revoir les rapports entre les pays riches et les pays pauvres. Des voix s’élèvent aujourd’hui pour dire qu’un autre monde est possible, comme aux forums de Porto Alegre, de Florence. Nous sommes nombreux à vouloir mettre en place d’autres rapports entre les peuples et à chercher ensemble des alternatives à un système libéral destructeur.

 Dans nos relations au quotidien, dans notre association, notre syndicat, notre parti, savons-nous porter et faire grandir ces espérances ?  

Tout en dénonçant les énormes inégalités chez nous et sur la planète, ayons aussi le courage de nous interroger sur notre manière de vivre et de consommer, sources d’énormes gaspillages de richesses. Cette course à la consommation nous rend-elle heureux ? Passer son dimanche à courir les magasins à la recherche de la bonne affaire nous épanouit-il ? 

Quel avenir construisons-nous ensemble, enfants, jeunes et adultes ? 

Tisser des liens dans nos quartiers  

« On est fait pour s’entendre » : tel est le slogan lancé par la JOC (2) pour son rassemblement à Bercy le 3 mai prochain. C’est un acte fort de foi dans l’avenir et en même temps un grand défi. 

Comment vivre ensemble sans se connaître et donc aller à la rencontre de l’autre et se parler ? 

Le dialogue est parfois devenu plus difficile dans nos quartiers, des communautés se referment.  Mais ils sont nombreux tous ceux qui y travaillent au travers de l’école, des associations, des centres sociaux et de santé, des municipalités, des mouvements, etc. C’est tout un réseau qui irrigue, donne de la vie, permet de tenir, de ne pas perdre pied. Nombreux, mais discrets, modestes. Loin des médias et des coups de pub, par leur patient travail, malgré les échecs et les coups durs, ils humanisent, donnent de l’espoir, créent des réseaux, ouvrent l’avenir. Donnons-leur la parole, mettons en valeur leur action quotidienne, leur engagement pour la paix, la dignité, la justice. Soutenons-les, rejoignons-les. « Même s’il n’a aucun pouvoir, même s’il n’a pas d’importance, chacun de nous peut changer le monde ». (3)  

«Heureux ceux qui construisent la paix, Dieu les appellera ses enfant » (4)

   Cette promesse de Jésus n’a rien perdu de son actualité. Le combat pour la Paix que nous menons nous rend profondément heureux. Dans le quotidien de la vie, au coude à coude avec les femmes et les hommes de bonne volonté, nous grandissons en humanité chaque fois que la haine, la violence et la guerre reculent. Dieu, Père de tous les Hommes, nous donne la force de reconnaître en chaque être humain un frère et une sœur et de percevoir en chacun d’eux une parcelle irremplaçable de son amour. Notre regard va-t-il jusque là ?   

Paris, le 31 janvier 2003
      Sous la responsabilité du Comité épiscopal pour la Mission en monde ouvrier, le Secrétariat national regroupe les représentants de l’Action Catholique des Enfants, de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, de l’Action Catholique Ouvrière, des religieuses en mission ouvrière, des prêtres-ouvriers, des prêtres en paroisses populaires.  Contact : Secrétaire national   Daniel Pizivin  29, Place du Marché St Honoré  75001 Paris Tél : 01 42 61 06 01            Fax : 01 42 97 44 60            e-mail : SNMO2@wanadoo.fr   

(1) Jean-Paul II le 13/01/03 
(2) Jeunesse Ouvrière Chrétienne 
(3) Président tchèque Vaclav Havel 
(4) Évangile de Matthieu 5, 9

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