Il y a trois ou quatre mille ans,            patientez s.v.p.
quelques bédouins, tard dans la nuit
discutent prés de leur tente et de leurs troupeaux.

 Le ciel constellé de points lumineux les intrigue.
De où cela vient-il? qui a posé ces lumières?.
Certaines sont fixes, d'autres se déplacent.


Et puis il y a la lune, le soleil ! 
Il a bien fallu qu'un jour la lumière soit séparée de la nuit. 
Il a bien fallu que la terre sèche apparaisse hors de l'eau !

Et les animaux, grosses et petites bêtes
Et l'homme? et la femme? et l'enfant?De leurs questions et de leurs débats émergea
peu à peu un poème. Ce fut leur manière à eux

        de dire les débuts de la vie
        de s'émerveiller devant la complexité de l'ouvrage.
        et de conclure: cela est bon, cela est très bon!

Dans ton poème à toi, 
est-il écrit: "Oui, cela est bon!
oui, cela est très bon"?

Texte

"Au commencement, c'était le tohu-bohu" . . .
Et Dieu dit "Que la lumière soit" et la lumière fut.
Dieu vit que la lumière était bonne. 
Dieu sépara la lumière des ténèbres.

Dieu appela la lumière "jour",
et la ténèbre, il l'appelé nuit.
Il y eut un soir, il y eut un matin, premier jour...

Et Dieu dit: qu'il y ait un firmament
qui sépare les eaux d'en haut et celles d'en bas.
Et il en fut ainsi. Et Dieu vit que cela était bon.
Il y eut un soir, il y eut un matin, deuxième jour...

Et Dieu dit:" que les eaux d'en bas se rassemblent
en un seul lieu, et que le continent apparaisse.
Il appela le continent "Terre"; 
et l'amas des eaux, il l'appela "mer".
Et Dieu vit que cela était bon
Il y eut un soir, il y eut un matin... troisième jour.

Et Dieu dit: "que la terre produise verdure et arbres
qui portent semences et fruits. Et il en fut ainsi.
Et Dieu vit que cela était bon

Ainsi des hommes commencèrent un poème:
 le poème de la vie, le poème des débuts de la création: ce fut le récit de la Genèse du monde, imaginé par des croyants

Et les bédouins continuèrent leur réflexion. Abraham était-il l'un de ces bédouins ?  Ismaël,  ou encore Jacob ? Qu'importe, 
L'important est de savoir que, de génération en génération, des hommes se sont communiqué ce message

Il y eut un soir, il y eut un matin... quatrième jour.
Dieu dit:"que les eaux grouillent de bestioles vivantes, et que l'oiseau vole au-dessus de la terre
Et Dieu vit que cela était bon.
Il les bénit en disant: "soyez féconds et multipliez-vous
emplissez les eaux, et que l'oiseau prolifère au ciel. 
Il y eut un soir, il y eut un matin: cinquième jour. 

Dieu dit: "que la terre produise des êtres vivants selon leur espèces, bestiaux, petites bêtes et bêtes sauvages.
Et Dieu vit que cela était bon!

Et Dieu dit:"Faisons l'homme à notre image et ressemblance
et qu'il soumette les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et les bêtes des champs, toute la terre, 
et tout ce qui remue à la surface de la terre.

Et Dieu créa l'homme à son image:
homme et femme il les créa.

Et Dieu les bénit en disant: "soyez féconds et multipliez-vous. Emplissez la terre et dominez-là. 
Soumettez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et toute bête qui remue sur la terre . 

Et il en fut ainsi.
Dieu vit tout ce qu'il avait fait: voilà, c'était très bon
Il y eut un soir, il y eut un matin: sixième jour.
Le ciel, la terre et tous leurs éléments furent achevés.

Et Dieu acheva au septième jour
toute l'œuvre qu'il avait commencée.
Il bénit et consacra le septième jour.

                        La Bible, premier livre:
                       Genèse, premier chapitre 

Articles liés: * comprendre le texte.
* science et foi 
 

Lorsque l'apôtre Jean commence la rédaction de son Évangile, 
il se souvient de la parole dont il est question au livre de la Genèse,
cette parole qui crée et qui bénit:

 "Au commencement était la parole, et la parole était auprès de Dieu, et Dieu était la parole. Tout, par elle fut! et ce qui fut par elle était vie. Et la vie est lumière des humains, et la lumière brille dans la ténèbre, et la ténèbre ne peut pas avoir prise sur elle". 
Évangile de Jean, chapitre premier.

 

Nous avons laissé nos bédouins contempler les étoiles et développer leurs commentaires: celui qui a fait tout cela, comme il doit être beau et bon. Les grecs diront plus tard  kalos kai agathos (kaloV kagaqoV,); les juifs diront Dieu saint!... saint!... saint!... et les chrétiens reprendront ce refrain pour chacune des messes célébrées.

Nos bédouins trouvent cependant qu'il y a beaucoup à redire, à propos de la création, car ce n'est pas aussi beau et bon qu'on veut bien le dire. Il y a de la souffrance, du mal, de la misère, de la mort. Alors, est-ce lui aussi qui a créé tout cela? Ne pouvait-il donc pas faire mieux? peut-être qu'il n'est pas le plus fort, qu'il a des ennemis qui veulent détruire son ouvrage?

Qu'est-ce que tu aurais répondu?

La réflexion des bédouins les pousse à regarder du côté du désir de tout être humain?
N'y a-t-il pas en chacun une prétention à être au-dessous de tout? Dans leur langage, ils diront : être comme Dieu, maître du bien et du mal, de la vie et de la mort... 
C'est là que se situe
la catastrophe!

                              

Caïn et Abel

Parmi les dernières nouvelles qui circulaient sous la tente des bédouins, on commentait la dispute entre Ismaël et Israël. Comment peut-on adorer Dieu et laisser monter en soi la colère contre son frère? A l'époque, on ne nommait pas Dieu en disant Yahvé, ou Mahomet, on disait: Elohim, le dieu au-dessus des dieux.  
             Peut-on accuser Dieu de l'invention du meurtre? Peut-on s'adresser à Dieu en disant de l'autre: "lui, c'est pas mon frère"? Et l'innocent qui meurt, est-ce la faute à Dieu? Alors, nos bédouins imaginèrent le dialogue ci-dessous, de l'homme avec Dieu.  Plus tard, ils écriront l'histoire des descendants d'Abraham.

 

Il y eut deux frères,  Caïn et Abel. Abel s'occupait des moutons; Caïn cultivait le  présenta les premiers des produits de son élevage. Et le Seigneur tourna son regard vers Abel et non vers Caïn. Caïn en fut irrité et s'excita contre son frère. Le Seigneur lui demanda les raisons de son irritation; il lui confia: "si tu agis selon le bien, relève-toi! mais si tu n'agis pas bien, le mal est à ta porte prêt à t'emporter, domine-le". Mais Caïn préféra interpeller son frère, alors qu'ils étaient aux champs. Il attaqua son frère et le tua.

Et le Seigneur appela Caïn en lui demandant: "Où est ton frère".
 Caïn lui répondit: "Suis-je le gardien de mon frère?"
Qu'as-tu donc fait? Le sol qui a bu le sang de ton frère crie vengeance!
Faudra-t-il donc que je reste près de toi pour te protéger?
Et le Seigneur fit un signe pour que Caïn soit protégé,
en quelque lieu qu'il se trouve.
                                                   Genèse chapitre 4

Bizarre, l'attitude du Dieu des bédouins!
Et celle de l'homme?

 

 

 

 

 

 

 

 

Prière sur le monde

Cette parole sur Dieu, proclamée il y a plus de 3.000 ans, peut encore éclairer les conflits aujourd'hui, car c'est dans le cœur de chacun que se trouve la réponse au respect ou au rejet du frère, quel qu'il soit. On peut se trouver des excuses, des bonnes raisons, elles ne justifient pas, elles ne rendent pas juste. 

Il faudra bien que chacun réponde à la question: qu'as-tu fait de ton frère? Le reste est littérature.  En relisant ce récit, je me demande si le récit des bédouins ne demandent pas à chacun de rendre ses comptes devant tous. Or, rendre des comptes,  ils ne le demandent pas à Dieu.

Suite.. Gn.3

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