Retour page accueilL'étranger, la veuve et l'orphelin (2)
Nouveau Testament et Eglise 

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(Les dimensions sociales de la foi)

Les évangélistes nous présentent la manière de vivre et d'être au monde de Jésus. Sa présence aux pauvres, aux "petites gens", à ceux que la société d'alors excluait de la vie sociale et religieuse, Jésus les rejoint. Sa parole est pour eux, sa disponibilité, c'est envers eux qu'il l'exerce. 

Nombre de paraboles trouvent leur origine dans le regard perspicace sur ce que vivent les gens au quotidien: la place du village où l'on trouve des demandeur d'emploi à toute heure du jour (Marc 12), la ménagère à la recherche d'une petite pièce de monnaie égarée (Luc 15,8), Le riche et  Lazare, le pauvre (Lc 16, 19-31). Le salaire remis Luc 17, 7-10); les rapports entre serviteurs et leur maître etc. 
Parmi les textes qui traitent du rapport à l'argent et à son usage, on peut lire avec beaucoup d'attention  Mathieu 25, 31 à 46, Texte très solennel

Une phrase caractérise l'attitude du Christ: "Je suis remué aux tripes, en voyant cette foule dont personne ne s'occupe". La parabole qui termine le parcours catéchétique du Christ en Matthieu 25 présente ce à quoi Dieu porte de l'intérêt quand les uns et les autres viennent se présenter devant lui: "j'avais faim, j'étais malade ou en prison... quand êtes-vous venu vers moi?

Une lecture trop "spirituelle" risque de ne pas assez prendre en compte les indices d'une attention de Jésus pour la manière de vivre la vie sociale. L'épaisseur de la vie quotidienne transparaît dans les pages de l'Évangile, et la Bonne Nouvelle du Royaume dont le Christ témoigne, c'est celle d'un Dieu proche des catégories dont personne ne se soucie.

Dans les Actes des apôtres, il y a la trace d'une certain organisation des communautés, de manière a venir en aide aux sans ressources de l'époque. L'institution du groupe des sept (Actes 6) trouve sa source dans une inadaptation à être attentifs aux derniers et dernières du groupe des premiers chrétiens.

Matthieu 25, 31 à 46 Texte très solennel, c'est aussi dernier texte de l'enseignement de Jésus, situé juste avant le livret de la passion, complot, arrestation et crucifixion. Cette place, voulue par Mattieu dans son évangile, n'est pas neutre.  

«Quand le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, accompagné de tous les anges, alors il siégera sur son trône de gloire. Devant lui seront rassemblées toutes les nations, et il séparera les hommes les uns des autres, 

 Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite: "Venez, les bénis de mon Père, recevez en partage le Royaume qui a été préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger; j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire; j'étais un étranger et vous m'avez recueilli; nu, et vous m'avez vêtu; malade, et vous m'avez visité; en prison, et vous êtes venus à moi". 

Alors les justes lui répondront: "Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé et de te donner à boire? Quand nous est-il arrivé de te voir étranger et de te recueillir, nu et de te vêtir? Quand nous est-il arrivé de te voir malade ou en prison, et de venir à toi"? Et le roi leur répondra: "En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits, qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait"!

 Alors il dira à ceux qui seront à sa gauche: "Allez-vous-en loin de moi, maudits, au feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. Car j'ai eu faim et vous ne m'avez pas donné à manger; j'ai eu soif et vous ne m'avez pas donné à boire, j'étais un étranger et vous ne m'avez pas recueilli; nu, et vous ne m'avez pas vêtu; malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité". 

Alors eux aussi répondront: "Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé ou assoiffé, étranger ou nu, malade ou en prison, sans venir t'assister"? Alors il leur répondra: "En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous ne l'avez pas fait à l'un de ces plus petits, à moi non plus vous ne l'avez pas fait". Et ils s'en iront, ceux-ci au châtiment éternel, et les justes à la vie éternelle». 

Les pauvres et l'Église

Dans toute la tradition de l'Église, depuis ses origines apostoliques à nos jours, il y a un accord unanime: L'Église, pour être Église du Christ, a un rapport nécessaire aux pauvres. De façon encore très générale on pourrait dire : l'Église doit « s'intéresser » aux pauvres pour continuer la mission du Christ. Il est difficile en effet de dissocier de la personne du Christ la présence massive des pauvres, des exclus, des malades. Le rapport aux pauvres n'est pas, pour l'Église, facultatif. Quel peut être la nature de ce rapport, et la manière d’exercer à la suite du Christ l’attention active à leur égard ? Il n'y a pas une manière unique d'y être attentif. La tradition à repris les habitudes des époques anciennes: le don, l'aumône, la distribution autour de soi du surplus (le monde romain connaissait déjà cette forme de redistribution auprès de "la clientèle"), 

Au XIXème siècle, des groupes de chrétiens ont commencé à repenser la manière, pour les chrétiens,  d'être présents à ce monde qui fabrique des pauvres. Les catholiques sociaux comme Albert de Mun, Frédéric Ozanam, l'abbé Lemire ont posé les fondements d'une présence des chrétiens dans les Institutions de la République. Elle se développera au cours du XX°siècle, suivant en cela ce qui deviendra peu à peu le "discours social de l'Église".  A la foi présence dans les oeuvres d'assistance, à la foi présence là où se décident les structures de société, afin qu'elles créent des lois qui assurent plus de justice et de dignité, plus de respect pour celui qui risque d'être laminé par les dures lois dites économiques.

Les chrétiens n'ont pas à eux seuls les réponses aux difficultés de gestion du présent et de l'avenir de l'humanité. Dans la continuité de Vatican II, ils   s'investissent avec leurs compétences dans les réalités humaines, "reconnaissant tout ce qui est bon dans le dynamisme social, mouvement vers l'unité, progrès d'une saine socialisation, solidarité au plan civique, soucieux d'être à la foi signes et moyens de l'unité du genre humain et de l'union à Dieu.

Ceux qui mettent leurs pas à la suite de Jésus sont invité à signifier la tension qui les anime pour que vienne le royaume de Dieu, par des pratiques sans cesse à vérifier, pour que vienne ce monde de justice, d'amour et de paix, où tous se reconnaîtront frères, dans le respect de la diversité des cultures, des langues et des races. La manière dont ils prennent en considération le pauvre, l'étranger, l'exclu est le lieu où se vérifie l'authenticité de leur chemin à la suite du Christ.

Pour aller plus loin dans la réflexion, invitation à lire l'intervention de Pierre-Marie-Empis, lors d'une journée de formation à Arras, intitulée: Les dimensions sociales de la foi 
 
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