19 octobre 2002, 16h à Sangatte.

Depuis cette date, d'autres documents se trouvent 
sur le site du diocèse d'Arras 

Manifestation commune, français et anglais, 
le matin en Angleterre, l'après-midi, 16h à Sangatte.
A partir du 15 novembre, le centre n'accueillera plus les nouveaux arrivants. De ce fait, la situation antérieure va se reproduire, à savoir, des migrants sans aucun toit qui vivent et dorment dans les rues de Calais et l'espace saint Pierre. D'autre part la reconduction dans leur pays est-elle la seule possible ? Beaucoup d'entre eux avaient un métier, des ressources et ont quitté leur pays à cause du danger de mort qui pesait sur eux. Ce danger n'est pas supprimé, malgré l'amélioration de la situation interne au pays. 
Lire la déclaration du collectif d'associations anglaises.


Témoignage d’une rencontre

Le centre des réfugiés de Sangatte est fréquemment à la une des journaux. Il est aussi présent au cœur des chrétiens qui se relaient avec bien des bénévoles et associations reconnues pour assurer un minimum de vie et un espoir d'avenir aux réfugiés du bout du monde. Cécile et Christian témoignent de leur passage. (Le dossier d'Église en Pas-de Calais )  

 

Le mardi 27 juillet, nous prenons la route pour rendre visite aux réfugiés du centre de Sangatte  avec sœur C. qui y va 2 à 3 fois  par semaine comme bénévole. 

En arrivant prés de Sangatte, nous sommes déjà surpris par ces femmes et ces hommes qui marchent sur le bord de la route. Puis apparaît le Centre, ce grand hangar avec une Croix Rouge. C’est impressionnant. Comme il faisait beau, du linge séchait sur les grilles tout autour du Centre. A l’intérieur, il y a beaucoup de réfugiés surtout des hommes, des jeunes.

 Le personnel  de la Croix rouge est  très présent à l’accueil. On voit toute une vie organisée à l’intérieur du Centre, pour mieux vivre ensemble. Partout, il faut attendre son tour: au tél., au WC , à la douche , pour le coiffeur, etc.... Tout cela dans le calme. La propreté est de rigueur.

Nous nous installons sur deux grandes tables en bois; dessus, papiers et crayons. Les bancs sont vides . Mais peu à peu des jeunes réfugiés arrivent et par petites équipes nous travaillons avec eux: les chiffres et le calcul; les lettres de l’alphabet et quelques mots de Français qu’ils réécrivent dans leur langue natale . Nous sommes surpris de les voir si attentifs et si heureux de vouloir apprendre. Ils recopient et relisent  leurs notes et les reprennent avec eux ensuite.

Nous avons vu de beaux sourires, de l’entraide, de la patience , mais aussi des inquiétudes et  des souffrances.

Une attente ! ! ! ! ! ! 

Quel avenir pour ces nombreux réfugiés ? 
Ah... ! si ces réfugiés pouvaient librement solliciter l’asile en Grèce, en Italie, en Allemagne ou ailleurs , il n’y aurait pas concentration d’exilés en France et en Angleterre. Le centre de Sangatte ne serait pas nécessaire, si, une fois leur demande d’asile déposé dans tel ou tel État , ils avaient  la possibilité de circuler en Europe. 

A quand l’application de leur libre circulation dans l’ Union Européenne par le respect intégral de la Convention de Genève sur les réfugiés signée en 1951 par les États de l’actuelle Union Européenne?

Cet après-midi passé parmi les réfugiés de Sangatte nous a bousculés et interpellés pour prendre une part active dans la lutte pour la dignité et le respect de la personne humaine. La distance de 80 km qui nous sépare du centre des réfugiés de Sangatte nous semble grande et pourtant c’est pratiquement à notre porte que l’avenir d’êtres humains est en jeu.   

Aujourd’hui, la situation semble bouger : la Préfecture du Pas de Calais, la Sous- Préfecture  de Calais et le Ministère de l’Intérieur font de Sangatte leur priorité. Avec l’aide du Haut Commissariat aux réfugiés, est réalisé un travail de fond de recensement, d’écoute et d’études sur les possibilités de règlement des situations. Les décisions prises devraient aboutir au démantèlement du centre pour 2003. Espoir et détresse .....

Ils risquent leur vie chaque jour; les réfugiés sont nos frères et  personne ne peut rester indifférent. La vie est sacrée. Porter atteinte à la vie de l’Homme et à sa dignité, c’est aussi porter atteinte à Dieu qui donne vie.  

Cécile et Christian Everaere,
du Comité Diocésain ACO du Pas de Calais